Protection de l’enfance : en France, des mécanismes « à bout de souffle »

En 30 ans d’existence, la Convention internationale des droits de l’enfant a permis de faire reconnaître les droits des mineurs. Des droits parfois bafoués en France et auxquels on n’alloue pas suffisamment de moyens, regrette Sébastien Lyon, directeur général d’Unicef France.

La Convention internationale des droits de l’enfant (CIDE) fête ses 30 ans, mercredi 20 novembre, en cette nouvelle journée mondiale de l’enfance. Créée en 1989 pour les protéger, ce traité a été adopté à l’unanimité par l’ONU pour reconnaître les enfants mineurs comme des êtres à part entière, porteurs de droits sociaux, économiques, culturels, civils et politiques.

Depuis cet acte fondateur, Sébastien Lyon, directeur général de l’Unicef France, note un progrès très important à l’échelle internationale avec parfois des résultats spectaculaires, notamment en matière de santé.

Mais si les conditions de vie des enfants se sont considérablement améliorées à travers le monde ces trois dernières décennies, nombre de leurs droits peinent toutefois encore à être respectés, notamment en France, où la protection de l’enfance présente encore de nombreuses lacunes.

À l’occasion des 30 ans de la CIDE, le Défenseur des droits, Jacques Toubon, a publié lundi 18 novembre un rapport dans lequel il souligne un décalage entre les droits proclamés et les droits réels. Un constat confirmé par Sébastien Lyon.

France 24 : Quelle est, aujourd’hui, la situation de la France en matière de protection des droits de l’enfant ?

Sébastien Lyon : En France, beaucoup de situations n’ont pas progressé. Les situations de pauvreté nous préoccupent particulièrement à l’Unicef puisqu’aujourd’hui encore, un enfant sur cinq vit en dessous du seuil de pauvreté. C’est un chiffre qui, ces dix dernières années, a stagné voire augmenté.

Le Samu social est saturé. À Paris, chaque soir, ce sont 700 enfants qui ne trouvent pas d’hébergement, et dorment dans la rue. C’est indigne d’un pays comme la France.

Unicef partage également les constats du Défenseur des droits concernant les violences faites aux enfants. Tous les 18 mois, notre organisme interroge 25 000 enfants dans toute la France concernant la perception qu’ils ont de leurs droits. Il est clair que les sujets de harcèlement et de violences sont leurs préoccupations principales.

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