Après plusieurs mois de morosité, la construction neuve française donne enfin des signes de vie. Selon les derniers chiffres du Service des données et études statistiques (SDES), les permis de construire ont bondi de 23,7 % en mai 2026 par rapport au mois d’avril. Un rebond spectaculaire en apparence, mais qui masque un marché encore loin de ses standards habituels et toujours pénalisé par le coût du crédit.
Un rebond concentré sur le logement collectif
Sur les douze mois glissants de juin 2025 à mai 2026, 384 935 logements ont été autorisés à la construction en France, soit 5,7 % de moins que la moyenne des cinq dernières années. Le sursaut de mai, avec 34 832 permis délivrés en données corrigées, fait suite à un mois d’avril particulièrement faible : selon le SDES, cette variation s’explique « surtout par celle des logements collectifs », c’est-à-dire les immeubles d’appartements, plus que par la maison individuelle, dont la production reste durablement freinée.
Côté chantiers, la dynamique est plus timide : 27 115 logements ont été mis en chantier en mai, en hausse de seulement 1,1 % sur un mois. L’écart entre autorisations et mises en chantier illustre la prudence persistante des promoteurs, qui attendent une amélioration plus nette des conditions de financement avant de lancer leurs opérations.
Le crédit immobilier toujours sous tension
Ce frein a un nom : le taux d’intérêt. D’après les données de la Banque de France relayées par la presse professionnelle du secteur, le taux moyen accordé aux nouveaux crédits immobiliers a de nouveau progressé en juin 2026, pour s’établir à 3,27 % hors assurance. Les courtiers spécialisés confirment cette tendance : les barèmes s’échelonnent désormais autour de 3,20 % sur 15 ans, 3,37 % sur 20 ans et 3,48 % sur 25 ans selon les relevés du courtier CAFPI.
Cette remontée, amorcée en début d’année puis stabilisée au printemps, n’a toutefois pas complètement découragé les candidats à l’achat : les sommes empruntées hors renégociation ont atteint 13,2 milliards d’euros sur le seul mois de juin, signe qu’une partie de la demande reste solvable malgré des mensualités plus élevées.
Pourquoi ce rebond reste fragile
- Le niveau d’autorisations demeure sous la moyenne quinquennale, malgré le sursaut mensuel.
- La hausse profite surtout au collectif, la maison individuelle restant à la traîne.
- Les taux de crédit continuent de progresser, sous l’effet des tensions géopolitiques et des incertitudes économiques.
- Les statistiques mensuelles montrent une forte volatilité (mars +33,8 %, avril -31,3 %, mai +23,7 %), signe d’un marché qui cherche encore son équilibre.
Pour les professionnels du secteur du bâtiment, ces variations mensuelles erratiques compliquent la planification. Les ménages qui envisagent un projet dans l’habitat individuel ont, eux, tout intérêt à comparer plusieurs offres de financement avant de s’engager, la remontée des taux ayant un impact direct sur leur budget global, un sujet qui recoupe aussi les arbitrages plus larges de finance et d’économie des ménages.
Questions fréquentes
Pourquoi les permis de construire ont-ils bondi en mai 2026 ?
Le SDES explique ce rebond de 23,7 % principalement par la reprise des autorisations dans le logement collectif, après un mois d’avril en net recul. La maison individuelle, elle, reste à la traîne.
Les taux de crédit immobilier vont-ils continuer à augmenter ?
La tendance haussière amorcée début 2026 s’est stabilisée en plateau au printemps avant une légère remontée en juin, à 3,27 % en moyenne selon la Banque de France. Son évolution dépendra notamment des décisions de taux directeurs de la BCE.
La reprise de la construction neuve est-elle durable ?
Rien n’est acquis : les chiffres des cinq premiers mois de 2026 montrent une forte volatilité mensuelle, et le niveau d’autorisations sur douze mois reste inférieur de 5,7 % à la moyenne des cinq dernières années.