Longtemps considéré comme un simple mois de transition entre les grandes vacances et la rentrée, septembre s’impose désormais comme le nouveau temps fort du tourisme en France. Selon une étude de la plateforme hôtelière SiteMinder portant sur l’ensemble de la saison estivale, les réservations de septembre affichent la plus forte progression de l’année, devançant nettement juillet et août. Un basculement confirmé par les statistiques officielles de l’Insee, qui dessine un nouveau calendrier des vacances françaises.
Un basculement confirmé par les chiffres des réservations
Les données de SiteMinder, qui agrège les réservations d’un large panel d’hébergements en France, sont sans appel : les réservations pour septembre progressent de 18,7 % par rapport à 2025, loin devant juillet (+10,4 %) et surtout août, qui recule de 1,2 %. Autre signal fort, le tarif journalier moyen en septembre grimpe de 2,9 % pour atteindre 292,61 euros la nuit, ce qui en fait le mois le plus cher de l’été 2026 – alors que les prix de juillet ont, eux, reculé de 4,3 %.
Sur l’ensemble de la saison, la France enregistre tout de même une hausse de 6 % des réservations et de 7,3 % des nuitées par rapport à 2025, pour un prix moyen en léger repli (-2,3 %, à 276,13 euros la nuit). La part des réservations internationales continue par ailleurs de progresser, à 73,4 % contre 72,2 % un an plus tôt.
Pourquoi les Français décalent leurs vacances
Plusieurs tendances de fond expliquent ce report vers l’arrière-saison. La première est la recherche de fraîcheur : de plus en plus de voyageurs délaissent les destinations les plus chaudes pour des régions plus tempérées, un phénomène désormais désigné sous le terme de « coolcation ». La Bretagne, les Alpes françaises ou encore les pays nordiques en profitent directement.
La seconde tendance est celle du tourisme de proximité : la distance moyenne entre le domicile et le lieu de vacances a diminué d’environ 30 kilomètres depuis 2023, et plus de 40 % des réservations se font désormais à moins de 500 kilomètres du domicile. Enfin, les hébergements alternatifs séduisent davantage les voyageurs français, avec 23 % d’entre eux privilégiant la location d’une maison ou d’un appartement, et 9 % le camping.
- Recherche de températures plus clémentes et de moins d’affluence
- Vacances plus proches du domicile pour limiter les trajets et le budget transport
- Séjours légèrement plus longs qu’en 2025 (+1,7 %, à 2,41 nuits en moyenne)
- Recours accru aux hébergements alternatifs (location, camping)
Ce que confirment les statistiques officielles
Les données de l’Insee sur le deuxième trimestre 2026 vont dans le même sens. La fréquentation des hébergements collectifs touristiques hors campings progresse de 1,0 % sur un an, portée à la fois par la clientèle résidente et par les non-résidents, chacun en hausse de 1,0 %. Le tourisme d’affaires tire particulièrement son épingle du jeu, avec une progression de 6,0 % par rapport à la même période de 2025, soit près de 1,4 million de nuitées supplémentaires.
Sur le plan géographique, ce sont les zones littorales qui profitent le plus de la dynamique, avec une hausse de 4,0 % des nuitées hôtelières, tout comme les villes moyennes (« urbain intermédiaire »), en progression de 9,2 %. À l’inverse, les grandes agglomérations denses et les massifs montagneux affichent une fréquentation hôtelière en léger recul. Côté clientèle étrangère, les touristes belges (+4,6 %), néerlandais (+4,4 %) et américains (+8,0 %) sont les plus nombreux à avoir renforcé leur présence, tandis que la clientèle britannique recule légèrement (-2,7 %).
Ce qu’il faut retenir pour organiser ses prochaines vacances
- Réserver un séjour de septembre suffisamment à l’avance, la demande étant désormais plus forte qu’en plein été
- Comparer les tarifs entre juillet, plus abordable cette année, et septembre, devenu le mois le plus cher
- Privilégier les destinations littorales ou les villes moyennes, où l’offre s’adapte à la hausse de fréquentation
- Envisager les hébergements alternatifs (location, camping) pour maîtriser son budget
Cette bascule du calendrier touristique s’inscrit dans une tendance plus large observée un peu partout en Europe, où septembre gagne du terrain face aux mois traditionnellement plébiscités. Une évolution qui interroge aussi les arbitrages budgétaires des ménages, dans un contexte où le climat pousse à revoir les habitudes de départs en vacances.
Questions fréquentes
Pourquoi septembre devient-il plus populaire que juillet ou août pour les vacances en France ?
Les voyageurs recherchent des températures plus clémentes, moins d’affluence et des tarifs jugés plus avantageux qu’en plein cœur de l’été, même si les prix de septembre ont eux aussi augmenté cette année.
Quelles destinations profitent le plus de cette tendance ?
Selon l’Insee, ce sont les zones littorales et les villes moyennes qui enregistrent les plus fortes hausses de fréquentation hôtelière, tandis que les grandes métropoles et la montagne progressent moins.
Réserver en septembre coûte-t-il plus cher qu’en été ?
Oui pour 2026 : le tarif journalier moyen en septembre atteint 292,61 euros, en hausse de 2,9 %, ce qui en fait le mois le plus cher de la saison estivale, devant juillet dont les prix ont reculé de 4,3 %.
Sources
- TendanceHotellerie – Étude SiteMinder, vacances d’été 2026
- Presse Agence – Septembre, nouveau mois phare des vacances d’été 2026
- Insee – Fréquentation des hébergements touristiques, T2 2026
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