Le chômage en France poursuit sa progression. Selon les derniers chiffres publiés début août par l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), le taux de chômage a grimpé à 8,3 % de la population active au deuxième trimestre, un niveau plus vu depuis la sortie de la crise sanitaire. Cette sixième hausse trimestrielle consécutive touche particulièrement les jeunes actifs, alors que les besoins en formation et en accompagnement vers l'emploi n’ont jamais paru aussi pressants.
Un taux au plus haut depuis la crise sanitaire
D’après l’Insee, le taux de chômage a progressé de 0,2 point entre le premier et le deuxième trimestre, portant le nombre de personnes sans emploi et en recherche active à 2,7 millions, soit 62 000 de plus qu’au trimestre précédent et 261 000 de plus qu’un an auparavant. Il s’agit du plus haut niveau enregistré depuis l’automne, période encore marquée par les conséquences économiques de la pandémie de Covid-19. Le pays s’éloigne ainsi nettement du point bas historique atteint fin 2024, qui avait un temps relancé l’espoir d’un objectif de plein emploi aujourd’hui compromis.
Les jeunes actifs en première ligne
La hausse ne se répartit pas de façon homogène selon les générations. Chez les 15-24 ans, le taux de chômage bondit de 0,4 point pour atteindre 21,6 %, contre +0,2 point pour la tranche 25-49 ans (7,5 %) et +0,3 point pour les plus de 50 ans (5,5 %). Les observateurs relient une partie de cette dynamique aux évolutions récentes des règles d’inscription et d’accompagnement : depuis la mise en œuvre de la loi pour le plein emploi début 2025, les bénéficiaires du RSA et les jeunes de 15 à 29 ans désormais soumis à un suivi renforcé représenteraient près de la moitié de la hausse constatée. Les secteurs du bâtiment, du commerce et des services apparaissent les plus fragilisés, tandis que l’industrie résiste mieux au ralentissement.
France Travail sous tension
Du côté des inscriptions, les données de la Dares et de France Travail confirment la tendance. Au deuxième trimestre, 5,8 millions de personnes sont inscrites à France Travail au titre des catégories A, B et C, dont 3,32 millions sans aucune activité (catégorie A) et environ 2,48 millions exerçant une activité réduite. Le nombre d’inscrits en catégorie A progresse de 0,8 % sur le trimestre et de 3,1 % sur un an. Les statisticiens nuancent toutefois ce chiffre : une fois neutralisés les effets des récentes réformes des modalités d’inscription, le nombre de demandeurs d'emploi reculerait en réalité légèrement par rapport au trimestre précédent, signe que la mesure statistique du marché du travail reste, elle aussi, en pleine évolution.
- Taux de chômage national : 8,3 % de la population active (+0,2 point sur le trimestre)
- Chômage des 15-24 ans : 21,6 % (+0,4 point)
- Demandeurs d'emploi inscrits à France Travail (catégories A, B, C) : 5,8 millions
- Catégorie A (sans aucune activité) : 3,32 millions de personnes, +3,1 % sur un an
Quelles pistes du côté de la formation et de la réinsertion ?
Face à cette dégradation, l’accompagnement vers l'emploi et la formation reste l’un des leviers privilégiés par les pouvoirs publics comme par les branches professionnelles. Les salons dédiés à l'emploi et à la formation se multiplient cette rentrée dans plusieurs régions, à l’image de rendez-vous organisés à Rouen ou à Pélissanne, permettant à des demandeurs d'emploi de rencontrer directement des recruteurs et des organismes de formation. Les dispositifs de reconversion, la valorisation de l’apprentissage et l’accompagnement individualisé des jeunes en difficulté d’insertion figurent parmi les réponses avancées pour tenter d’inverser une courbe qui inquiète autant les économistes que les acteurs de terrain. Retrouvez davantage d’analyses économiques dans notre rubrique Finance – Economie et les actualités des entreprises du secteur dans Business – Entreprise.
Questions fréquentes
Pourquoi le taux de chômage augmente-t-il en France ?
Plusieurs facteurs se conjuguent : un ralentissement de l’activité dans le bâtiment, le commerce et les services, mais aussi des changements dans les règles d’inscription à France Travail depuis la loi pour le plein emploi, qui ont mécaniquement fait entrer davantage de bénéficiaires du RSA et de jeunes dans les statistiques du chômage.
Les jeunes sont-ils les plus touchés par cette hausse ?
Oui. Le taux de chômage des 15-24 ans a augmenté deux fois plus vite que celui des 25-49 ans sur la période, atteignant 21,6 %, ce qui replace l’insertion professionnelle des jeunes actifs au cœur des priorités des dispositifs d’accompagnement et de formation.
Où trouver de l’aide pour la formation ou la recherche d'emploi ?
France Travail, les missions locales pour les moins de 26 ans, ainsi que les salons emploi-formation organisés régulièrement dans les territoires constituent des points d’entrée pour accéder à un accompagnement personnalisé et à des offres de formation adaptées aux besoins du bassin d'emploi local.
Sources
- Insee — Au deuxième trimestre 2026, le taux de chômage augmente de 0,2 point et atteint 8,3 %
- France Info — Le taux de chômage en France augmente de 0,2 point au deuxième trimestre
- Dares — Les inscrits à France Travail au 2e trimestre 2026
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