L’inflation aux États-Unis a légèrement reculé en juillet, un signal surveillé de près bien au-delà des frontières américaines. Pour les ménages et les entreprises européennes, ce ralentissement pèse directement sur les taux de change, le coût des importations et les décisions à venir des banques centrales.
Ce que disent les chiffres
Selon le Bureau of Labor Statistics, l’indice des prix à la consommation (CPI) a progressé de 0,1 % en juillet, portant la hausse sur un an à 3,4 %, contre 3,5 % en juin. L’inflation sous-jacente, qui exclut l’alimentation et l’énergie, ralentit elle aussi : +0,2 % sur le mois, et +2,5 % sur un an, son rythme le plus bas depuis mars 2021.
Énergie et logement, moteurs opposés
Le détail de l’indice illustre des tendances contraires. L’énergie a reculé de 1,5 % sur le mois, mais reste 14,7 % plus chère qu’il y a un an, les cours du pétrole restant sous tension sur les marchés internationaux. À l’inverse, le logement continue de peser sur la facture des ménages américains : les coûts du poste « shelter » ont représenté à eux seuls près des deux tiers de la hausse mensuelle de l’indice, avec une progression de 0,1 %. L’alimentation a suivi la même tendance, en hausse de 0,1 % également.
Pourquoi ce chiffre compte pour l’Europe
- Il oriente les anticipations sur la prochaine décision de taux de la Réserve fédérale américaine, dont dépend en partie le niveau de l’euro face au dollar
- Un dollar plus ou moins fort modifie directement le prix des matières premières importées, cotées en dollars
- Les marchés financiers européens ajustent leurs propres anticipations de taux en miroir des décisions américaines
- Les entreprises exportatrices vers les États-Unis surveillent ces chiffres pour évaluer le pouvoir d’achat de leurs clients américains
Le calendrier de la Fed sous tension
Réunie fin juillet, la Réserve fédérale a choisi de temporiser, une majorité de ses membres jugeant que le pic d’inflation observé cette année reste transitoire. Reste que l’objectif officiel de 2 % d’inflation annuelle n’est toujours pas atteint, ce qui maintient une forme d’incertitude sur le calendrier d’une éventuelle détente monétaire, aux États-Unis comme, par ricochet, en zone euro.
Ce qu’il faut surveiller dans les prochaines semaines
Les prochains indicateurs à suivre sont désormais le rapport sur l'emploi américain et la publication de l’indice des prix à la production, deux données que la Fed examine traditionnellement de près avant toute décision sur ses taux directeurs. Une confirmation du ralentissement sur plusieurs mois consécutifs serait nécessaire avant d’envisager un assouplissement monétaire, alors qu’un rebond inattendu de l’énergie pourrait au contraire repousser cette perspective.
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Questions fréquentes
L’inflation américaine a-t-elle vraiment baissé en juillet ?
Le rythme annuel a légèrement reculé, de 3,5 % à 3,4 %, mais l’indice mensuel est reparti à la hausse (+0,1 %) après un recul en juin : la tendance reste donc fragile plutôt que clairement orientée à la baisse.
Pourquoi ce chiffre américain intéresse-t-il les Européens ?
Il influence les décisions de taux de la Réserve fédérale, qui pèsent à leur tour sur le taux de change euro-dollar, le prix des matières premières importées et les arbitrages des banques centrales européennes.
Quand la Fed pourrait-elle baisser ses taux ?
Aucune date n’est confirmée : lors de sa réunion de fin juillet, la Fed a choisi d’attendre, en misant sur un caractère transitoire du pic d’inflation actuel, sans engagement calendaire précis.
Sources
CNBC —
France Épargne —
Euronews
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