En Bretagne, une batterie géante s’apprête à jouer un rôle inédit pour le réseau électrique français : non plus seulement stocker de l’énergie, mais aider à le stabiliser comme le ferait une centrale classique. C’est l’enjeu de l’expérimentation lancée par l’énergéticien Neoen avec RTE, le gestionnaire du réseau de transport d’électricité.
Une batterie hors norme installée dans le Finistère
Baptisée Breizh Big Battery, l’installation est implantée sur la commune de Pleyber-Christ, dans le Finistère. Avec une puissance de 92 mégawatts et une capacité de 183 mégawattheures, il s’agit de la plus grande batterie de Bretagne et de la première installation de ce type de Neoen en France. Elle doit entrer en service courant de l’été 2026, avant le lancement de la phase d’expérimentation à proprement parler sur la seconde moitié de l’année.
Qu’est-ce que le « grid forming » ?
La technologie testée s’appelle le grid forming, ou formation de réseau. Les batteries de stockage actuellement installées en France fonctionnent en mode « grid following » : elles se synchronisent sur la fréquence déjà présente sur le réseau, avec un temps de réaction relativement lent. Le mode grid forming inverse la logique : l’onduleur de la batterie devient capable de stabiliser lui-même, de façon autonome et quasi instantanée, la tension et la fréquence du réseau électrique, un rôle traditionnellement assuré par les grosses machines tournantes des centrales thermiques ou nucléaires.
Pourquoi cette expérimentation compte
- Plus la part d’énergies renouvelables intermittentes (éolien, solaire) augmente sur le réseau, moins il reste de machines tournantes classiques pour assurer naturellement cette stabilité.
- Une batterie en mode grid forming pourrait remplacer une partie de ce rôle de stabilisation, sans recourir à des centrales d’appoint.
- Il s’agit de la première expérimentation de ce type en France sur une batterie de stockage raccordée au réseau de transport.
RTE prévoit de faire fonctionner l’expérimentation pendant au moins un an afin d’évaluer la fiabilité du dispositif dans des conditions réelles, avant d’envisager une généralisation à d’autres installations de stockage sur le territoire. Pour suivre les autres innovations qui transforment le secteur de l’énergie, direction notre rubrique Écologie et Climat.
Un enjeu aussi industriel et financier
Au-delà de l’aspect technique, ce projet illustre la montée en puissance du stockage par batteries comme brique d’infrastructure à part entière du réseau électrique, au même titre que les lignes à haute tension ou les postes de transformation. Pour les acteurs économiques du secteur, la validation de cette technologie ouvrirait la voie à de nouveaux contrats entre opérateurs de batteries et gestionnaires de réseau. Plus de contexte sur les mutations du secteur de l’énergie dans notre rubrique Business et Entreprise et sur les mécanismes de financement de ces infrastructures dans Finance et Économie.
Questions fréquentes
Où se trouve la Breizh Big Battery ?
Elle est installée à Pleyber-Christ, dans le Finistère, en Bretagne, une région historiquement sensible aux tensions sur le réseau électrique en période de forte consommation.
Qu’apporte le mode « grid forming » par rapport au stockage classique ?
Le stockage classique injecte ou absorbe de l’énergie en suivant la fréquence du réseau ; le mode grid forming permet à la batterie de contribuer elle-même, de façon autonome et rapide, à maintenir cette fréquence stable, un service auparavant réservé aux centrales à machines tournantes.
Cette technologie va-t-elle être généralisée en France ?
Rien n’est encore acté : l’expérimentation avec RTE doit d’abord durer au moins un an afin de vérifier la fiabilité du dispositif avant d’envisager son déploiement sur d’autres batteries du réseau national.
Sources
- Techniques de l’Ingénieur — Neoen expérimente le grid forming en Bretagne
- GreenUnivers — En Bretagne, une batterie de Neoen pour remplacer les machines tournantes
- L’Usine Nouvelle — Comment une batterie peut stabiliser le réseau électrique
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale