La France accélère sa stratégie de souveraineté en intelligence artificielle. D’un côté, le méga-campus de data centers porté par Nvidia, Mistral AI, le fonds MGX et Bpifrance vient d’obtenir son feu vert préfectoral en Seine-et-Marne. De l’autre, le plan public « Osez l’IA » monte en puissance pour pousser les PME françaises à adopter l’intelligence artificielle. Deux chantiers complémentaires, à l’échelle industrielle comme à celle du terrain, qui dessinent le futur numérique du pays.
Un campus IA géant à l’échelle industrielle
Le projet, baptisé Campus IA, doit s’implanter sur la commune de Fouju, près de Melun, et prévoit à terme jusqu’à onze data centers sur le site. La puissance électrique visée, de l’ordre de 1,4 gigawatt, équivaut à la consommation d’une grande ville. L’investissement annoncé atteint 50 milliards d’euros, porté conjointement par Nvidia, Mistral AI, le fonds MGX et Bpifrance. Fouju a été le premier site à bénéficier de la procédure accélérée mise en place par l’État pour ce type d’infrastructure, avec une approbation préfectorale obtenue fin juillet.
Objectif affiché des porteurs du projet : disposer, sur le territoire français, d’une capacité de calcul suffisante pour entraîner et faire tourner des modèles d’IA conçus en France, plutôt que de dépendre exclusivement des infrastructures des géants américains du cloud. Un an après le sommet sur l’IA, les partenaires du projet évoquent désormais une ambition élargie à 3 gigawatts de capacité de calcul sur l’ensemble du territoire national, signe que la course aux « gigafactories » de l’IA s’intensifie en Europe.
« Osez l’IA » : convaincre les PME de franchir le pas
Pendant que les infrastructures se construisent, le gouvernement cherche à combler un autre déficit : celui de l’adoption de l’IA par les petites et moyennes entreprises. Le plan national « Osez l’IA – France 2030 », piloté par Bpifrance, la Direction générale des entreprises et le Secrétariat général pour l’investissement, fixe des objectifs précis d’ici 2030 : 100 % des grandes entreprises, 80 % des PME et ETI, et 50 % des très petites entreprises utilisant l’IA.
Concrètement, le dispositif s’articule en trois étapes : sensibilisation, formation, puis accompagnement des entreprises dans leur transition. Parmi les outils proposés figurent un autodiagnostic IA permettant d’évaluer en quinze minutes la capacité d’une structure à mener un projet d’intelligence artificielle, ainsi que des diagnostics data-IA pour identifier le potentiel d’usage au sein d’une entreprise. Les accélérateurs IA, eux, ciblent des PME et ETI plus matures, réalisant plus de 8 millions d’euros de chiffre d’affaires et employant plus de 50 salariés. Certains de ces programmes sont financés jusqu’à 46 % par France 2030.
Deux vitesses, un même objectif de souveraineté
Entre le chantier d’infrastructure lourde en Seine-et-Marne et l’accompagnement de proximité des PME, la France tente de tenir les deux bouts de la chaîne de valeur de l’IA : la capacité de calcul brute d’un côté, l’usage concret dans l’économie réelle de l’autre. Cette approche s’inscrit dans un mouvement plus large de transformation numérique déjà à l’œuvre dans plusieurs secteurs, comme l’illustre la manière dont les aperçus IA de Google modifient déjà les habitudes de recherche des internautes français.
Reste que la réussite de ce pari suppose une électricité disponible en quantité et une acceptabilité locale des projets, deux enjeux que la France doit désormais gérer en parallèle de sa course à la compétitivité technologique. Sur le volet énergétique, la question de la valorisation de la chaleur produite par les data centers prend d’ailleurs une importance croissante à mesure que ces infrastructures se multiplient sur le territoire.
Du côté des entreprises, cette montée en puissance de l’IA s’accompagne aussi de nouvelles obligations numériques, à l’image de la généralisation de la facturation électronique, qui pousse elle aussi les PME à revoir leurs outils numériques.
Questions fréquentes
Où sera implanté le campus IA de Nvidia et Mistral ?
Le projet doit s’installer sur la commune de Fouju, en Seine-et-Marne, près de Melun. Il a reçu son approbation préfectorale fin juillet dans le cadre d’une procédure accélérée.
Quel est l’objectif du plan « Osez l’IA » ?
Ce plan national piloté par Bpifrance et l’État vise à accélérer l’adoption de l’intelligence artificielle par les entreprises françaises, avec des objectifs chiffrés d’ici 2030 pour les grandes entreprises, les PME et les très petites entreprises.
Pourquoi la France investit-elle autant dans le calcul IA ?
L’objectif affiché est la souveraineté numérique : disposer d’une capacité de calcul suffisante sur le territoire pour entraîner des modèles d’IA français, sans dépendre uniquement des infrastructures cloud américaines.
Sources
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale