Les défaillances d’entreprises continuent de grimper en France. Selon les derniers chiffres du cabinet Altares, confirmés par la Banque de France, 18 986 procédures collectives ont été ouvertes au premier trimestre 2026, soit une hausse de 6,4 % sur un an. Sur douze mois glissants, la sinistralité atteint même un niveau record de 71 100 défaillances. Décryptage d’une tendance qui touche en premier lieu les plus petites structures.
Un niveau inédit, au-delà des crises précédentes
La Banque de France est formelle : le niveau de défaillances observé n’avait « été atteint ni lors de la crise financière de 2008, ni au moment de la crise des dettes souveraines » entre 2010 et 2012. Sur le premier semestre 2026, ce sont 37 700 entreprises qui ont demandé l’ouverture d’une procédure devant le tribunal de commerce, soit 1 500 de plus qu’à la même période en 2025. Une trajectoire qui confirme que la dégradation observée depuis plusieurs trimestres ne s’inverse pas.
Les microentreprises en première ligne
Le détail des chiffres révèle une réalité contrastée selon la taille des structures. Les microentreprises de moins de trois salariés concentrent l’essentiel du choc : 14 311 procédures les concernent, soit 75 % du total et une progression de 11,2 % sur un an. À l’inverse, les grandes entreprises et certaines ETI (entreprises de taille intermédiaire) résistent mieux, portées par une trésorerie plus solide et un accès facilité au crédit bancaire.
Des emplois directement menacés
Au-delà des chiffres de procédures, c’est bien l'emploi qui est en jeu : Altares évalue à 75 350 le nombre de postes menacés par ces défaillances sur la période. Les secteurs de services et les jeunes entreprises, souvent moins capitalisées, sont particulièrement exposés à ces fermetures et redressements judiciaires.
- Anticiper les difficultés de trésorerie dès les premiers signaux (retards de paiement, tensions fournisseurs)
- Se rapprocher tôt d’un tribunal de commerce ou d’un mandataire ad hoc plutôt que d’attendre la cessation de paiements
- Vérifier son éligibilité aux dispositifs d’accompagnement des PME en difficulté
- Surveiller particulièrement la trésorerie des micro-structures, les plus fragiles face à un choc de demande
Quelles perspectives pour la suite de l’année ?
Si un début de stabilisation a été observé sur certains mois du printemps, les acteurs du secteur restent prudents : la pression reste forte sur les PME intermédiaires et sur plusieurs secteurs de services, dans un contexte où les marges des entreprises demeurent contraintes par le coût du financement et une demande encore hésitante. Les prochaines publications trimestrielles d’Altares et de la Banque de France permettront de confirmer, ou non, cette tendance sur le reste de l’année.
Questions fréquentes
Quelles entreprises sont les plus touchées par les défaillances en 2026 ?
Ce sont très majoritairement les microentreprises de moins de trois salariés, qui représentent 75 % des procédures collectives ouvertes au premier trimestre 2026.
Le niveau de défaillances de 2026 est-il vraiment inédit ?
Oui : selon la Banque de France, il dépasse les niveaux atteints lors de la crise financière de 2008 et de la crise des dettes souveraines de 2010-2012.
Combien d'emplois sont menacés par ces défaillances ?
Le cabinet Altares évalue à environ 75 350 le nombre d'emplois menacés par les défaillances d’entreprises sur la période récente.
Sources
Altares —
Banque de France —
Journal du Net
Retrouvez nos autres articles dans Business – Entreprise, ou consultez nos rubriques Emploi – Formation et Finance – Economie.