Sur les routes de campagne comme dans les pelotons du dimanche, un nouveau venu s’impose : le vélo gravel. Ce cousin polyvalent du vélo de route, capable de rouler aussi bien sur bitume que sur chemins caillouteux, connaît en 2026 une progression fulgurante qui bouscule les habitudes des cyclistes français.
Une croissance qui ne se dément pas
Le segment gravel a enregistré 75 000 ventes en 2025, soit une hausse de 18 % en un an. Le contraste est saisissant avec 2019, où seuls 3 700 exemplaires avaient trouvé preneur : le marché a été multiplié par plus de vingt en six ans. Selon l’Observatoire du cycle tenu par l’Union Sport & Cycle, les recherches liées aux vélos de route et gravel ont encore progressé de plus de 15 % au premier trimestre 2026 par rapport à la même période l’an dernier.
Ce dynamisme tranche avec le tassement observé sur le VTT à assistance électrique, longtemps moteur des ventes de cycles haut de gamme. De la Bretagne aux Alpes, la presse spécialisée du secteur constate le même mouvement : les pratiquants délaissent progressivement les modèles électriques tout-terrain au profit de montures plus légères, plus polyvalentes et souvent moins coûteuses à l’achat.
Pourquoi un tel engouement ?
Plusieurs facteurs expliquent ce basculement. D’abord, le budget : un gravel reste en moyenne plus abordable qu’un VTT électrique équivalent. Ensuite, la philosophie même de la pratique séduit un public plus large et plus mature, attiré par l’expérience et la découverte plutôt que par la seule performance sportive. Enfin, la polyvalence du cadre permet d’enchaîner sorties urbaines, chemins forestiers et voyages à vélo sans changer de monture, un atout précieux pour les amateurs de voyages et de tourisme à vélo.
Le phénomène ne se limite pas au gravel. La filière du vélo cargo affiche elle aussi une dynamique remarquable : en cinq ans, les volumes vendus en France ont été multipliés par 11,5, pour un chiffre d’affaires de 36,8 millions d’euros et 275 emplois équivalents temps plein selon une enquête Made in FR. Il représente désormais 2 % de la production française de cycles.
Le calendrier sportif suit le mouvement
La pratique compétitive accompagne cet essor. Les Championnats de France de gravel se tiendront du 11 au 13 septembre 2026 à Thouars, aux « Graviers Roses ». Près de 300 participants sont déjà inscrits, dont plus de 120 licenciés à la Fédération française de cyclisme, un chiffre qui devrait encore grimper dans les semaines à venir. Plus largement, plus d’une soixantaine d’événements gravel sont désormais recensés sur l’ensemble du territoire, de la Bretagne aux sommets alpins, preuve que la discipline s’enracine durablement dans le paysage des activités sportives françaises.
Un choix aussi tourné vers la sobriété
Au-delà du plaisir de rouler, ce report vers des vélos plus simples et plus légers s’inscrit dans une tendance plus large de consommation raisonnée, en phase avec les préoccupations liées à l’écologie et à la mobilité douce. Moins gourmand en composants électroniques et en batteries, le gravel séduit aussi ceux qui cherchent à réduire l'empreinte matérielle de leurs loisirs sans renoncer à l’aventure.
Questions fréquentes
Qu’est-ce qui différencie un vélo gravel d’un vélo de route classique ?
Le gravel dispose d’un cadre plus robuste, de pneus plus larges et crantés, et d’une géométrie pensée pour rouler aussi bien sur route goudronnée que sur chemins de terre ou graviers, offrant une polyvalence que le vélo de route traditionnel ne permet pas.
Le vélo gravel coûte-t-il vraiment moins cher qu’un VTT électrique ?
En moyenne, oui : l’absence de moteur et de batterie réduit sensiblement le prix d’achat et les coûts d’entretien, ce qui explique en partie son succès auprès d’un public soucieux de son budget.
Faut-il être un cycliste expérimenté pour se mettre au gravel ?
Non, la discipline attire justement un public varié et plutôt mature, davantage motivé par la découverte de nouveaux itinéraires et le plaisir de rouler que par la recherche de performance pure.
Sources
- Union Sport & Cycle — Observatoire du cycle
- Transition Vélo — vélo de route et gravel ont la cote en 2026
- Maritima — le VTT reste indétrônable en PACA, mais le vélo cargo et le gravel explosent
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