La construction neuve reprend des couleurs en France, sans pour autant effacer plusieurs années de ralentissement. Selon les derniers chiffres officiels, les mises en chantier progressent nettement par rapport à 2025, tandis que les acteurs du secteur restent prudents face à des coûts de production toujours élevés.
Un rebond net mais encore incomplet
D’après le bilan publié fin juillet 2026 par le service statistique du ministère chargé du Logement, le rythme moyen des mises en chantier du premier semestre 2026 dépasse de 21,8 % celui de 2025. Sur les douze derniers mois, plus de 239 400 logements ont été mis en chantier et 376 200 ont été autorisés en France entière. Le seul mois de juin a vu 25 666 logements démarrer, un niveau quasiment stable par rapport à mai.
Ce rebond doit toutefois être relativisé : il reste inférieur de 13,1 % à la moyenne des cinq dernières années. Le mouvement de reprise est surtout porté par le logement collectif, tandis que les permis de construire continuent d’alterner rebonds et reculs d’un mois sur l’autre, signe d’un marché qui cherche encore ses repères.
La maison individuelle retrouve des couleurs
Le secteur de la maison individuelle illustre concrètement cette dynamique. Le constructeur Hexaom, l’un des principaux acteurs du marché, a publié un chiffre d’affaires semestriel de 343,6 millions d’euros, en hausse de 12,1 % sur un an, avec une accélération au deuxième trimestre. Son activité de construction de maisons a progressé de 18,8 %, portée par la montée en charge des commandes enregistrées depuis fin 2024. Le groupe table désormais sur une croissance annuelle de 20 % pour l’ensemble de 2026, avec une rentabilité opérationnelle en amélioration.
Ce redressement, après plusieurs exercices difficiles pour la filière, traduit un frémissement de la demande dans un contexte de taux de crédit relativement stabilisés depuis le début de l’été.
Des obstacles qui n’ont pas disparu
Malgré ces signaux positifs, les professionnels du secteur restent mesurés. Les coûts de production demeurent élevés, les normes environnementales se renforcent et les marges des promoteurs et constructeurs restent sous pression. Ces contraintes continuent de freiner le volume des nouvelles mises en chantier, alors même que la demande de logements reste structurellement forte dans de nombreux bassins d'emploi. Les disparités territoriales restent marquées, avec des marchés locaux qui évoluent chacun à leur rythme, entre zones tendues et secteurs où les prix reculent.
Pour les ménages porteurs d’un projet immobilier, cette phase intermédiaire implique de rester attentifs : délais de construction, disponibilité du foncier et conditions de financement continuent de varier fortement d’une région à l’autre. Sur le plan du financement, la stabilité relative des taux offre néanmoins une fenêtre plus lisible pour boucler un dossier de crédit qu’au plus fort de la crise du secteur.
Du côté des entreprises du bâtiment, ce frémissement de l’activité pourrait aussi se traduire par des recrutements ciblés dans les mois à venir, notamment sur les métiers en tension. Les ménages qui envisagent des travaux dans leur maison existante peuvent également profiter de ce contexte pour comparer les devis, la demande sur le neuf n’ayant pas encore totalement absorbé les capacités des entreprises du secteur.
Questions fréquentes
La reprise de la construction neuve est-elle acquise dans toute la France ?
Non, elle reste inégale. Le rebond est porté principalement par le logement collectif et certaines zones tendues, tandis que d’autres marchés locaux restent atones, avec des prix parfois orientés à la baisse.
Pourquoi les coûts de construction restent-ils élevés malgré la reprise ?
Le renforcement des normes environnementales, le coût des matériaux et la tension sur certains métiers du bâtiment continuent de peser sur les prix de revient, limitant la baisse des prix de vente malgré la hausse des volumes.
La hausse des mises en chantier va-t-elle se poursuivre après l’été ?
Les acteurs du secteur, comme les constructeurs de maisons individuelles, anticipent une poursuite de la croissance sur l’ensemble de 2026, portée par le carnet de commandes constitué depuis fin 2024, mais restent prudents sur le rythme exact.
Sources
- SDES — La construction neuve, données et études statistiques
- Tradingsat / BFM Bourse — Hausse des revenus semestriels pour Hexaom
- Médicis Immobilier Neuf — Les tendances de l’immobilier neuf
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