Il y a dix ans, la France comptait à peine une dizaine de clubs et une soixantaine de terrains dédiés à cette discipline venue d’Espagne. Aujourd’hui, le padel a franchi un cap symbolique : plus d’un million de pratiquants recensés sur le territoire, selon les dernières estimations du secteur. Un basculement qui rebat les cartes des loisirs de plein air en France.
Un essor démographique sans précédent
Selon les données consolidées par les observateurs du marché, la France comptait environ 1 050 000 pratiquants de padel au début de l’année 2026, contre une poignée de milliers seulement au tournant des années 2015. Du côté des chiffres officiels, la Fédération française de tennis (FFT), qui gère la discipline depuis son intégration au giron du tennis, recensait plus de 272 000 licenciés padel fin 2025 — un nombre multiplié par 2,2 en seulement trois ans. Parmi eux, plusieurs dizaines de milliers de compétiteurs ont disputé au moins un tournoi officiel au cours des douze derniers mois, signe que la pratique ne se limite plus au loisir occasionnel entre amis.
- Un public qui s’élargit bien au-delà des seuls anciens joueurs de tennis
- Une pratique mixte, familiale et intergénérationnelle
- Des clubs qui essaiment désormais hors des grandes métropoles
Des infrastructures qui peinent à suivre le rythme
La croissance du nombre de joueurs s’accompagne d’un effort de construction inédit dans le paysage sportif français. Le pays compte désormais plus de 4 100 terrains de padel, dont environ 3 500 homologués par la FFT, soit plus de 1 100 pistes supplémentaires créées en une seule année. Le rythme de progression des infrastructures avoisine 30 % par an, une régularité rare dans le sport français. Pour répondre à une demande qui dépasse encore l’offre dans de nombreuses villes moyennes, la fédération affiche un objectif ambitieux : atteindre 6 000 terrains homologués d’ici 2028.
Cette course aux infrastructures profite aussi à l’économie locale : ouverture de clubs privés, reconversion d’anciens courts de tennis, création d'emplois de moniteurs et de gestionnaires de structures. Plusieurs collectivités intègrent désormais des terrains de padel dans leurs équipements de proximité, au même titre que les terrains de tennis ou les gymnases municipaux.
Pourquoi un tel engouement ?
Plusieurs facteurs expliquent cette adoption rapide. Le padel se joue en double sur un terrain plus petit qu’un court de tennis, entouré de vitres qui remettent la balle en jeu : la technicité pure y compte moins que le placement et la complicité avec son partenaire. Résultat, un débutant peut échanger dès la première séance, ce qui abaisse fortement la barrière à l’entrée par rapport au tennis classique. La dimension conviviale — on y joue à quatre, souvent suivie d’un verre entre amis — en fait aussi une activité de sociabilité autant que de sport, portée par un effet de mode entretenu sur les réseaux sociaux et par l’exposition croissante de joueurs professionnels dans les médias sportifs.
Questions fréquentes
Faut-il une licence pour jouer au padel en France ?
Non, la pratique en loisir dans un club privé ne nécessite pas de licence. Elle devient en revanche obligatoire pour participer aux compétitions officielles organisées sous l’égide de la FFT.
Le padel est-il plus facile à apprendre que le tennis ?
Sa prise en main est généralement jugée plus rapide : le terrain réduit, les vitres qui limitent les balles perdues et le jeu en double favorisent des échanges dès les premières minutes, même pour un débutant complet.
Où trouver un terrain de padel près de chez soi ?
Le nombre de clubs ayant fortement augmenté ces dernières années, la plupart des agglomérations moyennes disposent désormais d’au moins une structure. L’annuaire des clubs affiliés est consultable sur le site de la Fédération française de tennis.
Sources
Fédération française de tennis — Padel Magazine — Padel Now, rapport 2026
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