Le taux d'emploi des seniors atteint en France un niveau inédit, selon une étude de la Dares publiée le 29 juillet 2026. Si la progression est nette pour les 55-59 ans, l’écart avec la moyenne européenne reste marqué après 60 ans. Décryptage des chiffres et de ce qu’ils annoncent pour le marché du travail français.
Un niveau historique, porté par la réforme des retraites
D’après la Dares, le taux d'emploi des 55-59 ans atteint désormais 78,8 %, soit 1,5 point au-dessus de la moyenne de l’Union européenne. Sur trois ans, ce taux a progressé de 2,5 points. Pour la tranche 60-64 ans, la hausse est encore plus spectaculaire : +8,2 points en trois ans, portant le taux d'emploi à 44,4 %.
Cette progression est attribuée, en partie, à la réforme des retraites de 2023, qui a relevé l’âge légal de départ à 62 ans et demi pour la génération 1962, puis à 62 ans et 9 mois pour les générations 1963 et 1964, après le gel de la réforme à l’automne 2025. En repoussant l’âge de départ, la réforme maintient mécaniquement davantage de seniors en activité.
Un retard qui persiste après 60 ans
Malgré cette dynamique, la France reste 17e sur les 27 États membres de l’Union européenne pour l'emploi des 55-64 ans. L’écart est particulièrement net pour les 60-64 ans : leur taux d'emploi de 44,4 % reste inférieur de plus de 10 points à la moyenne européenne, établie à 55 %. Des pays comme l’Estonie (71,7 %), la Suède (71,1 %) ou les Pays-Bas (69,5 %) affichent des taux nettement supérieurs pour cette même tranche d’âge.
La France comble donc en partie son retard avant 60 ans, mais peine encore à maintenir ses seniors en emploi une fois ce cap franchi, un phénomène que plusieurs études attribuent aux difficultés de reclassement et aux ruptures de carrière qui touchent davantage cette classe d’âge.
Des disparités marquées selon le niveau de diplôme
Les chiffres de la Dares révèlent aussi de fortes inégalités selon le niveau de qualification chez les 55-59 ans. Le taux de chômage atteint 9,3 % chez les diplômés de niveau Bac+2 et plus, contre 19,2 % chez les titulaires d’un CAP ou d’un BEP. Chez les personnes peu ou pas diplômées, c’est l’inactivité qui domine, avec un taux de 37,8 %, loin devant le chômage à proprement parler.
Ces écarts confirment que l’allongement de la vie active ne bénéficie pas également à tous les profils : les seniors les moins qualifiés restent les plus exposés au risque de sortie durable du marché du travail.
Ce que ces chiffres annoncent
- Une progression continue de l'emploi des seniors, portée mécaniquement par le report de l’âge de la retraite.
- Un rattrapage réel avant 60 ans, mais un décrochage persistant sur la tranche 60-64 ans.
- Des inégalités fortes selon le diplôme, qui appellent des politiques de formation continue ciblées.
- Une France toujours en retrait par rapport à des pays comme l’Estonie, la Suède ou les Pays-Bas.
Ces évolutions du marché du travail s’inscrivent dans un contexte économique plus large, à suivre dans notre rubrique finance et économie. Elles concernent aussi directement les employeurs, dont les stratégies de recrutement sont détaillées dans notre rubrique business et entreprise, ainsi que l’actualité générale à retrouver dans nos actualités nationales.
Questions fréquentes
Quel est le taux d'emploi des seniors en France en 2025 ?
Selon la Dares, le taux d'emploi atteint 78,8 % pour les 55-59 ans et 44,4 % pour les 60-64 ans, un niveau qualifié d’historique.
Pourquoi l'emploi des seniors progresse-t-il autant ?
Cette hausse est notamment liée à la réforme des retraites de 2023, qui a reculé l’âge légal de départ et maintient davantage de seniors en activité.
La France a-t-elle comblé son retard sur l’Europe ?
Partiellement seulement : la France dépasse la moyenne européenne avant 60 ans, mais reste en retard de plus de 10 points pour la tranche 60-64 ans.
Sources
previssima.fr —
aefinfo.fr —
planet.fr
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