La construction de logements amorce un rebond en France, mais ce redressement reste à deux vitesses. D’un côté, les mises en chantier repartent nettement à la hausse, portées par les maisons individuelles. De l’autre, les permis de construire restent à la peine et le reste du secteur du bâtiment continue de reculer. Derrière ces chiffres nationaux, des disparités fortes apparaissent aussi entre les territoires, certains départements renouant avec la croissance pendant que d’autres restent englués dans la crise.
Un rebond réel, mais concentré sur l’individuel
Sur les douze derniers mois, les mises en chantier de logements ont progressé de 19,9 %, avec plus de 300 000 logements commencés, selon les données de la fédération du bâtiment en Île-de-France. Sur les trois derniers mois connus, la hausse atteint même 22,3 % par rapport à la même période de 2025. Ce rebond est porté en grande partie par le segment de la maison individuelle, qui retrouve des couleurs après plusieurs années de ralentissement marqué.
Les permis de construire, eux, restent en retrait
Le signal est moins encourageant côté permis de construire, l’indicateur avancé de l’activité à venir. Les autorisations de logements ont reculé de 7,6 % sur trois mois. Sur le seul mois de janvier 2026, 30 206 logements ont été autorisés, en baisse de 6 % par rapport à décembre 2025 ; le logement collectif recule de 9,8 % tandis que l’individuel reste quasi stable (+0,7 %). Sur douze mois glissants, 381 486 logements ont été autorisés au total, un niveau qui demeure 7,8 % inférieur à la moyenne des cinq dernières années.
- Mises en chantier (12 mois) : plus de 300 000 logements, +19,9 %
- Permis de construire (janvier 2026) : 30 206 logements, -6 % sur un mois
- Permis de construire (12 mois glissants) : 381 486 logements, -7,8 % vs moyenne quinquennale
Le reste du bâtiment continue de souffrir
Ce rebond du logement neuf fait figure d’exception dans un secteur de la construction toujours marqué par les difficultés. Les travaux publics affichent la situation la plus dégradée, avec une activité en recul de 9,3 % sur trois mois et des marchés conclus en chute de 34,4 %. L’entretien-rénovation ralentit de 3,3 % en volume, tandis que la production de matériaux recule elle aussi (béton : -7,7 %, granulats : -4,6 %). Sur le plan de l'emploi dans le bâtiment, le secteur a perdu 22 500 emplois salariés en un an, et 77 500 depuis fin 2022. Les ménages qui portent un projet de construction ou de rénovation ont tout intérêt à bien comparer les offres de financement et de crédit avant de s’engager, dans un contexte où les conditions d'emprunt restent tendues.
Des disparités territoriales marquées
Derrière la moyenne nationale, certains départements renouent nettement avec la croissance de la construction neuve, quand d’autres restent à l’écart de la reprise. Sur le terrain, plusieurs projets concrets illustrent cette dynamique inégale : à Angers, un nouveau quartier de 172 logements est sorti de terre, tandis qu’à Quimper, 43 logements ont été construits sur l'emprise d’un ancien site bancaire, une piste de reconversion de friches urbaines de plus en plus explorée pour créer du logement sans artificialiser de nouveaux terrains. Ces opérations, utiles pour la vie des services de proximité et du tissu économique local, restent toutefois ponctuelles face à l’ampleur des besoins en logements.
Questions fréquentes
Pourquoi les mises en chantier augmentent-elles alors que les permis de construire reculent ?
Les mises en chantier de 2026 correspondent en partie à des permis accordés plus tôt, lors d’une période plus favorable. Le recul actuel des autorisations laisse donc craindre un ralentissement des chantiers à venir si la tendance se confirme.
Le logement individuel et le logement collectif évoluent-ils de la même façon ?
Non : l’individuel se stabilise et porte une large part du rebond des mises en chantier, tandis que le collectif, plus sensible aux conditions de financement et aux coûts de construction, recule davantage sur les autorisations.
La reconversion de friches en logements peut-elle devenir une solution durable ?
Elle progresse dans plusieurs villes moyennes, mais reste limitée en volume face aux besoins nationaux. Elle présente l’avantage de limiter l’artificialisation des sols tout en réutilisant du foncier déjà urbanisé.
Sources
CIBTP Île-de-France ·
Immo Matin ·
Médicis Immobilier Neuf
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale