Gagner deux minutes peut faire toute la différence entre la vie et la mort lors d’un arrêt cardiaque. C’est le pari que vient de concrétiser la Normandie : depuis le 31 juillet 2026, le SAMU de Rouen peut déclencher un drone défibrillateur capable de livrer l’appareil sur les lieux avant même l’arrivée des secours au sol. Une première nationale qui pourrait inspirer d’autres départements.
Un drone qui décolle en une minute
Développé par le SAMU 76 du CHU de Rouen avec la start-up normande Delivrone et le constructeur suédois Everdrone, le dispositif est déclenché par le régulateur du SAMU dès qu’un arrêt cardiaque est suspecté. Le drone décolle en environ une minute, vole à une altitude de 80 mètres et peut atteindre 65 km/h, de jour comme de nuit et quelles que soient les conditions météorologiques. Il transporte jusqu’à 4 kg de charge, largement suffisant pour un défibrillateur automatisé externe.
Une fois sur place, l’appareil est largué à proximité de la victime : un témoin présent sur les lieux peut alors s’en saisir et commencer la défibrillation en suivant les instructions, bien avant l’arrivée d’une équipe médicale.
Pourquoi ces minutes gagnées comptent autant
Selon le docteur Cédric Damm, directeur médical du SAMU-SMUR de Rouen, gagner deux à trois minutes sur le délai de défibrillation représente entre 20 et 50 % de chances de survie supplémentaires pour le patient. Un chiffre qui résume à lui seul l’enjeu du projet : dans un arrêt cardiaque, chaque minute sans choc électrique réduit les chances de survie d’environ 10 %.
- Une base opérationnelle est active à Forges-les-Eaux depuis un an de tests, une seconde vient d’ouvrir à Bois-Guillaume.
- Le dispositif doit couvrir à terme une trentaine de communes de la métropole rouennaise, dans un rayon de 7,5 km autour de chaque base.
- Le projet a nécessité une évolution de la réglementation du vol de drones, en coordination avec la Direction de la sécurité de l’aviation civile (DSAC).
La Seine-Maritime, terrain d’expérimentation national
Avec ce déploiement, la Seine-Maritime devient le premier département français équipé de ce type de dispositif à l’échelle d’une agglomération. Si les résultats confirment les gains de survie espérés, le modèle pourrait essaimer vers d’autres métropoles françaises confrontées aux mêmes contraintes : délais d’intervention en zone dense, embouteillages ou secteurs mal desservis par la voirie.
Le sujet dépasse la seule innovation technologique : il touche directement à l’organisation des services de proximité et à l’égalité d’accès aux soins d’urgence sur tout le territoire, un enjeu suivi de près dans l’actualité nationale.
Questions fréquentes
Comment fonctionne le drone défibrillateur de Rouen ?
Déclenché par le régulateur du SAMU dès qu’un arrêt cardiaque est suspecté, le drone décolle en une minute, vole jusqu’à 65 km/h et largue un défibrillateur à proximité de la victime, qu’un témoin peut utiliser avant l’arrivée des secours.
Quel est le gain réel pour les patients ?
Selon le SAMU de Rouen, gagner deux à trois minutes sur le délai de défibrillation augmente les chances de survie de 20 à 50 %, un délai souvent déterminant en cas d’arrêt cardiaque.
Ce dispositif va-t-il s’étendre à d’autres régions ?
Rien n’est encore officiellement annoncé, mais la Seine-Maritime fait figure de test grandeur nature : un résultat probant pourrait inciter d’autres départements à s’équiper d’un système comparable.