Le 16 septembre dernier, au terme d’une cérémonie organisée par le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Espace, 109 lauréats se sont partagé 25 millions d’euros au titre des concours d’innovation I-Lab et I-PhD, financés dans le cadre du plan France 2030. Derrière ces chiffres, un mécanisme public méconnu qui, depuis près de trois décennies, sert de porte d’entrée aux start-up deeptech françaises avant même qu’elles n’existent officiellement.
Un dispositif vieux de 27 ans, toujours au cœur de la stratégie d’innovation
Lancé à la fin des années 1990, le concours I-Lab en est cette année à sa 27e édition. Sa longévité en fait une référence : il finance les meilleurs projets de recherche et développement portés par des chercheurs ou de jeunes équipes souhaitant transformer une découverte scientifique en produit ou service commercialisable, avec un soutien pouvant atteindre 600 000 euros par projet. Au fil des années, le label I-Lab est devenu un repère pour les investisseurs spécialisés dans la deeptech, qui y voient un gage de sérieux scientifique avant même l’entrée en scène du capital-risque. Cette logique de financement précoce de la recherche technologique s’inscrit dans un mouvement plus large de réaffirmation de la souveraineté numérique et scientifique française, porté par plusieurs volets du plan France 2030.
Deux volets complémentaires : I-Lab et I-PhD
Les 109 lauréats de cette édition se répartissent en réalité entre deux dispositifs distincts, aux publics différents :
- I-Lab : destiné aux porteurs de projet, chercheurs ou futurs entrepreneurs, qui veulent finaliser une innovation technologique en vue d’une création d’entreprise.
- I-PhD : réservé aux jeunes docteurs, pour encourager les vocations entrepreneuriales à la sortie du doctorat plutôt que la seule poursuite d’une carrière académique classique.
Cette double entrée permet de couvrir tout le spectre des profils scientifiques susceptibles de créer une entreprise technologique, du chercheur confirmé au jeune diplômé qui n’a pas encore quitté son laboratoire. Chaque lauréat bénéficie non seulement d’un financement, mais aussi d’une visibilité auprès des réseaux d’incubation et des fonds d’investissement spécialisés.
Pourquoi ces financements comptent pour l’écosystème français
La deeptech française se distingue par des cycles de développement longs : contrairement à une application numérique classique, un projet issu de la recherche fondamentale — qu’il s’agisse d’énergie, de robotique ou de matériaux — nécessite souvent plusieurs années de maturation avant d’atteindre le marché. Ce type de financement amont vise justement à combler le vide qui existe entre la publication scientifique et le premier tour de table privé. On retrouve cette même logique de pari sur le temps long dans d’autres filières technologiques françaises, comme l’illustre par exemple le développement d’une batterie géante capable de stabiliser le réseau électrique en Bretagne, ou les efforts engagés autour de la robotique européenne face à la concurrence chinoise et américaine. Dans les deux cas, un soutien public initial a précédé les investissements industriels de plus grande ampleur.
Reste que la portée réelle de ces 25 millions d’euros dépendra, comme chaque année, du nombre de lauréats qui parviendront effectivement à transformer l’essai : lever des fonds privés, recruter, et surtout survivre aux premières années, statistiquement les plus risquées pour une jeune pousse technologique.
Questions fréquentes
Qui peut candidater aux concours I-Lab et I-PhD ?
I-Lab s’adresse aux chercheurs et porteurs de projet souhaitant valoriser une innovation technologique par la création d’une entreprise. I-PhD cible spécifiquement les jeunes docteurs, pour les encourager à entreprendre à l’issue de leur thèse.
Quel est le montant maximal du financement I-Lab ?
Le soutien peut atteindre jusqu’à 600 000 euros par projet, sur un budget total de 25 millions d’euros répartis entre les 109 lauréats de cette édition 2026.
Ces concours garantissent-ils la réussite des start-up soutenues ?
Non. Ils financent l’amorçage technologique et offrent une reconnaissance utile auprès des investisseurs, mais la suite du parcours — levées de fonds, recrutement, mise sur le marché — reste à la charge de chaque équipe, avec les risques habituels des jeunes entreprises deeptech.
Sources
Ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Espace ·
AEF Info ·
Direction générale des Entreprises
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale